SANS TITRE

Il a longtemps été considéré par les femmes, les filles, les fleurs, comme un ami pour la vie. Mais lui, ce qu’il voulait, juste ce qu’il voulait c’était d’être considéré comme un amant à la place d’un ami pour la vie. Etre amant pour quelques jours même pour simplement une nuit l’aurait rendu beaucoup plus heureux que d’être un simple ami pour la vie.

Il a longtemps cherché celle qui le considérerait autrement comme un ami mais nombreuses ont été les mêmes réponses, rébarbatives à la longue : « je préfère que l’on reste ami ». Et pourtant elles le lui disaient bien que la fille qui serait un jour avec lui aurait beaucoup de chance de l’avoir rencontré et qu’il fallait qu’elle se batte pour le garder le plus longtemps possible. Cependant celle-ci ne vint pas. Alors il se décida de ne plus chercher. Il se résigna en quelque sorte mais gardant toujours un espoir au fin fond de son cœur, attendant l’appel de Cupidon.

Et ce jour arriva. Il ne la cherchait plus depuis longtemps. Il l’avait rencontrée par hasard, ou plutôt c’était elle qui l’avait trouvé. Il se sentait bien avec elle. Elle ressentait la même chose. Lui ne voulant pas entendre ces mots maudits sortir de sa bouche, il ne chercha pas à brusquer les choses, confiant tout le boulot à ce sacré Cupidon, imprévisible telles les fleurs.

Elle manifesta beaucoup plus d’intérêt à son égard. Il lui manquait. Elle lui manquait. C’était enfin réciproque. Elle voulait passer du temps avec lui : il passa du temps avec elle. Il ne la brusqua pas, il laissa Cupidon prendre position et viser le cœur de celle-ci. Et ce moment qu’il attendait tant arriva enfin. Ils étaient là tous les deux, dans le froid de l’automne, emmitoufler dans leur manteau. Elle avait froid, il la réchauffa. Il sentit son parfum, elle sentit son odeur. Elle fourra sa tête dans le creux de son épaule, il la serra encore un peu plus contre son corps pour augmenter la chaleur corporelle qui émanait de leurs corps respectifs.

Elle retira enfin sa tête de son épaule. Elle le regarda dans les yeux. Il l’imita. Il regarda sa bouche. Elle l’imita. Leurs lèvres se rapprochèrent et s’effleurèrent. Cupidon avait visé juste en tirant sa flèche et n’avait pas loupé sa cible. Leurs lèvres se séparèrent. Elle refourra sa tête dans le creux de son épaule après lui avoir effleuré l’oreille avec ces trois mots sortis de sa bouche : « Je t’aime ». Ces trois mots qu’il attendait depuis fort longtemps lui ont redonné espoir en la vie jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans les souffles de la brise d’un mois de novembre pas tout à fait comme les autres : pas comme les autres seulement pour lui…

Ce texte est dédié à celle qui me murmurera ces trois mots à l’oreille.

Une réponse to this post.

  1. Publié par Fanny le novembre 21, 2008 à 8:20

    C’est magnifique…enfin, elle est là, près de toi, dans tes bras…Comme la vie fait bien les choses…Ce texte est splendide, d’autant plus qu’il est vrai. Les frissons me traversent le corps. Digne d’un film cette histoire m’émut. Belle est cette vie, belle est ta vie. Avec tout l’amour que je te souhaite, vis ces instants intensément…

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